Les principaux apports d’eau douce qui entraînent le ralentissement de la circulation méridionale de l’Atlantique (AMOC) et leurs réponses climatiques restent peu concluants. À l’aide d’un modèle climatique mondial de pointe, nous menons des expériences en eau douce pour réexaminer la sensibilité de l’AMOC et ses impacts climatiques. Le bassin d'Irminger semble être la zone la plus efficace pour des apports supplémentaires d'eau douce, provoquant le plus grand affaiblissement de l'AMOC. Alors que les réponses globales aux températures et aux précipitations sont relativement homogènes, les réponses sous-continentales, en particulier dans les latitudes moyennes septentrionales, sont hétérogènes. Aux hautes latitudes, les changements de température déterminent la réponse de la glace de mer aux flux d’eau douce et aux rétroactions glace-albédo associées. Dans les régions tropicales et extratropicales, la dynamique des températures est façonnée par la circulation atmosphérique et le transfert de chaleur océanique. Les précipitations présentent une variabilité saisonnière et régionale en raison de la modification du flux de chaleur turbulent en surface et du mouvement vers le sud de la zone de convergence intertropicale (ZCIT). La grande hétérogénéité des extrêmes climatiques souligne la nécessité de surveiller les zones de rejet d’eau douce associées à la décélération de l’AMOC. Ces découvertes ont des implications majeures pour la compréhension du paléoclimat et des impacts futurs de l'AMOC. (Qiyun Ma, Xiaoxu Shi, Monica Ionita, plus sur science.org)