"Nous devons libérer l'innovation en réduisant les émissions de CO2 avec des produits et des services"

Imaginez que vous êtes un urbaniste. Imaginez maintenant que votre employeur s’engage récemment à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Il y a un nouveau grand projet sur votre bureau. Vos besoins en matériaux et en technologie sont étendus, tout comme les options disponibles. Avec vos nouveaux objectifs carbone à l’esprit, comment évaluez-vous quelles options produiront le moins d’émissions à long terme ? La réponse courte est que vous ne pouvez pas le faire actuellement. Ou du moins, vous ne pouvez pas le faire d'une manière qui soit scientifiquement fiable ou globalement cohérente. Cela pourrait être changé. Après leur dernière réunion à Sapporo, au Japon, fin avril, les ministres de l'Environnement des économies avancées du G7 ont soutenu un « mécanisme crédible » pour évaluer les profils comparatifs d'émissions de différents produits et services, affirmant qu'il pourrait « mobiliser des ressources financières pour accélérer le déploiement de solutions". Le communiqué officiel contient deux mises en garde importantes. Premièrement, tout mécanisme de ce type doit être "fiable, comparable et vérifiable". Deuxièmement, il doit contribuer à promouvoir l'action des consommateurs, des entreprises et des investisseurs pour accélérer une « réduction efficace des émissions », c'est-à-dire qu'il ne doit pas être utilisé uniquement pour vendre davantage de produits. Un tel mécanisme est soutenu par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD). Le réseau commercial basé à Genève affirme que cela aiderait les fabricants de produits à faible émission de carbone à différencier de manière crédible leurs produits des produits moins respectueux du climat. Dominic Waughray, vice-président exécutif du WBCSD, a déclaré dans une interview que mettre l'accent sur la prévention des émissions au lieu de les réduire ouvrirait une course compétitive vers des éco-innovations toujours plus intelligentes qui, à leur tour, accéléreraient les efforts pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux. (Reuters/Benjamin Westhoff)